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Victoria. 2+1

En l’espace de deux ans et demi, Victoria a donné naissance à 3 filles : 2 jumelles Théa et Leone et leur petite soeur Ysée. Loin d’être débordée, elle jongle avec les petits tracas du quotidien et assume sa petite famille avec sérénité. Toutefois, elle concède que les réseaux sociaux peuvent mettre une certaine pression sur les mamans, qu’elle n’avait pas imaginée.

Victoria, 35 ans, en couple, 3 enfants, Théa et Leone, des jumelles de 3 ans et demi et Ysée, 1 an, graphiste et co-fondatrice de Les Marquisettes.

Quel genre de petite fille étais-tu ?

J’étais une petite fille assez introvertie et indépendante. Je dessinais beaucoup et je faisais ma petite vie de mon côté. En public, j’étais beaucoup dans les jupes de ma maman. Je ne sais pas si j’étais une enfant très épanouie. Ça inquiétait d’ailleurs beaucoup ma maman car elle doutait que j’exprime vraiment mes émotions.

Dans quel genre de famille tu as grandis ?

Je suis la troisième d’une fratrie de 4 enfants. Entre chacun de nous il n’y qu’un an et demi, deux ans. On est tous très différents mais mes parents ont su être à l’écoute de chacun. Mon papa a toujours été très présent même s’il travaillait beaucoup. Ma mère a arrêté de travailler à la naissance de mon grand frère pour s’occuper de nous pendant 10 ans. Quand elle a a repris une activité elle restait très présente car elle bossait de la maison, ce qui lui permettait d’aménager ses horaires.

Est-ce que tu as l’impression de reproduire le modèle familial ou bien d’être complètement à l’opposé ?

Je crois qu’on donne une éducation à nos filles très proche de celle que j’ai reçue. Il y a vraiment très peu de différence. Comme pour mes parents, je me suis vite rendue compte qu’avec 2 jumelles en bas âge et un bébé, il faut instaurer pas mal des règles sinon on ne s’en sort pas. (pensive) La différence viendrait peut-être plus de mon compagnon qui contrairement à mon papa, est beaucoup plus dans l’émotionnel. Il dit beaucoup à nos enfants combien il les aime alors que moi je n’ai jamais entendu ces mots de la bouche mon père.

Tes grossesses, tu dirais que c’était plutôt « bienvenue au paradis » ou « mon dieu quel enfer » ?

Je ne peux pas dire « l’enfer » car j’ai eu la chance d’avoir deux grossesses très faciles. Le stress est surtout venu des médecins qui me disaient beaucoup « attention c’est une grossesse à risques, vous pouvez perdre un bébé » et finalement assez peu de choses positives pendant les premiers mois de ma grossesse gémellaire. Maintenant beaucoup de femmes trouvent que c’est un état épanouissant alors que moi pas du tout. On est diminuée physiquement et c’est assez contraignant.

Est-ce que tu as élevé tes jumelles différemment de la petite dernière ?

Il n’y a pas de grande différence entre le fait d’élever des jumelles ou un enfant seul. Même si au début, ça m’a beaucoup stressée. Je n’avais pas du tout de jumeaux dans mon entourage et j’ai pensé « oh mon dieu, comment on va faire pour les différencier ». Mais très vite, j’ai été rassurée car je me suis rendue compte qu’elles avaient chacune leur caractère. Déjà toute petites, elles ne réagissaient pas de la même manière. Ça nous a demandé de comprendre chacune et du coup quand Ysée, la petite dernière est arrivée, ça n’a pas été très compliqué. On s’adapte à elle de la même manière qu’on l’a fait avec les jumelles.

Quand tu vas sur Instagram, tu vois ces mamans avec leur magnifique vie et c’est très difficile de prendre du recul.

Est-ce que tu trouves que les mamans subissent des pressions ?

Je trouve qu’il y a pas mal de pression sur les mamans qui vient des réseaux sociaux. Quand tu vas sur Instagram, tu vois ces mamans avec leur magnifique vie et c’est très difficile de prendre du recul. Je suis aussi sur Facebook des groupes privés de mamans et là encore la pression peut se faire sentir. Par exemple, j’ai lu une discussion sur un groupe concernant un vaccin. Je n’avais pas trop d’avis sur la question alors j’ai posé des questions à ma pédiatre qui n’était ni pour ni contre. Elle m’a dit que c’était vraiment un choix personnel. Cette pression n’est jamais venue du corps médical mais bien des médias et d’internet. Ça a été très difficile de prendre du recul car il s’agissait de la santé de mes enfants.

Qu’est-ce qui est pour toi le plus difficile dans ton rôle de maman ?

Je trouve que le plus difficile est de trouver un équilibre. Entre la vie de famille, les sorties, nos envies,…Avec les jumelles, on avait trouvé un certain équilibre et avec l’arrivée de la troisième, il a fallu tout repenser. Puis dans le couple, en tant que personne, il faut toujours se réadapter. Evidemment, j’ai très peu de temps pour moi. C’est un choix que j’assume car je veux être là pour mes enfants mais parfois ça me manque.

Si tu devais transmettre une seule valeur à tes filles, laquelle serait-elle ?

Je dirais le respect des autres et de soi-même. Là, elles sont encore petites mais j’essaie de leur déjà le leur apprendre. Pour bien grandir ça me paraît essentiel. Ça passe aussi pas le respect l’une de l’autre entre sœurs.