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Alice. Elle a fait un bébé toute seule

Alice, elle illustre des livres pour enfants. Le genre qui font rêver même les adultes. Alors même si elle n’a pas trouvé le « bon », celui avec qui elle fera un bout de chemin, elle décide de construire sa famille, seule. Peut importe le qu’en dira-t-on, son désir d’enfant et le besoin de transmettre la portent. Entre incertitudes et excitation, elle nous raconte sa grossesse et la rencontre tant imaginée avec Elliott.
Alice, elle illustre des livres pour enfants. Alors même si elle n'a pas trouvé le "bon", elle décide de construire sa famille toute seule.

Alice, 36 ans, célibataire, maman de Elliott 3 mois et illustratrice pour enfants

Quel genre de petite fille étais-tu ?

Je crois que je savais comment avoir ce que je voulais. J’étais souvent la chouchoute des profs mais derrière je pouvais être une vraie petite peste (rires). Je n’étais ni le cliché de la petite fille modèle ni un garçon manqué. J’étais au milieu des deux.

D’après toi quel genre de maman tu seras ?

Honnêtement, il ne reste que 6 semaines maximum pour je rencontre mon bébé mais je ne réalise pas encore totalement et je ne sais pas du tout quel genre de mère je vais être. J’ai l’impression que je ne serai pas trop mère poule mais si ça se trouve ça sera tout l’inverse. Finalement, je sais juste que je vais faire de mon mieux.

Ta grossesse, c’est plutôt bienvenue ou Paradis Oh mon dieu quel enfer ?

(rires) Je dirais mon dieu quel enfer ! J’ai quelques soucis de santé dont un nerf coincé qui m’empêche de tenir debout plus de dix minutes et un diabète qui me contraint à une diète plutôt drastique. Puis même si je me doutais que ça allait être difficile, gérer la maison, le chien et un bébé toute seule, c’est un challenge tous les jours. Mais malgré tout ça, je suis heureuse de vivre cette expérience et de savoir ce que c’est. Sentir son bébé bouger, c’est magique. Mais je pense que je me sentirai libérée au moment de la naissance (rires) et je serai ravie de retrouver ma mobilité complète.

Tu imagines que tu vas suivre le modèle de ta maman?

Je ne pense pas du tout que ma maman ait été une mauvaise mère. Elle a fait du mieux qu’elle pouvait. Mais je ne pense pas que je serai comme elle. Pour moi, mon bébé sera toujours au premier plan. Je sais que son bonheur passera certainement parfois au-dessus du mien.

Tu envisages comment les mois à venir ? Tu as peur ou tu te sens plutôt sereine ?

Franchement j’ai la trouille. Je m’attends à un petit tchernobyl à tous les niveaux. Genre je peux plus sortir de chez moi, j’ai les cheveux gras et du lait caillé plein les vêtements (rires). Je n’imagine pas vraiment que tout va se passer comme dans un conte de fée. Plus sérieusement, malgré tout cela, je ne vois pas ma vie sans enfant. Pour moi, avoir un enfant c’est donner du sens à sa vie, c’est transmettre des choses. J’ai l’impression que si je ne peux pas transmettre et partager avec quelqu’un ce que j’apprends dans cette vie, c’est que tout ça aura été vain. Puis j’ai envie de vivre ces moments spéciaux comme Noël avec un enfant. J’imagine que ça sera beaucoup plus gai qu’avant. Mais les premiers mois, je sais que ça va être difficile.

Si tu ne devais transmettre à ton bébé qu’une seule chose, ça serait quoi ?

Le respect, je crois. Le respect des gens, de la nature, …

Par rapport au fait que tu aies fait un bébé toute seule, as-tu eu peur des réactions des gens ?

Quand je me suis lancée dans cette aventure seule, j’ai eu un peu peur du jugement des gens. Et finalement, soit ils ont trouvé ça chouette, soit ils ont eu la politesse de ne pas me dire qu’ils désapprouvaient. Je n’ai que deux ou trois réactions jugeantes. Ces personnes ne m’ont pas dit les choses méchamment mais ils ne conçoivent pas qu’on puisse faire un bébé toute seule. Après chacun peut penser ce qu’il veut mais moi j’assume ma décision.

Avoir un enfant, c’est donner du sens à sa vie, c’est transmettre des choses.
Sans ça ce que j’apprends dans cette vie me paraitrait vain.


Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer comme toi dans cette aventure seule ?

La première chose que je dirais c’est qu’il faut être totalement sûre de soi. Grossièrement dit, je crois qu’il faut avoir des « couilles » pour se lancer et et pour assumer ce choix auprès de son entourage mais aussi pour gérer tout toute seule : les courses, la maison, le boulot,… même si certaines personnes nous aident, on doit tout assumer. Les coups durs, les chagrins, les montées d’hormones, on fait face à tout, seule. Il faut être conscient de ça. Parce qu’on peut encore moins que quelqu’un d’autre flancher au moindre coup de vent.

Quelques mois sont passé et Alice a accouché du petit Elliott, 3 mois. Elle nous raconte ces premiers moments à deux.

Comment se sont passés les premiers moments à deux ?

J’ai eu une césarienne et je me suis mise à pleurer quand j’ai entendu son premier cri. Trop d’émotions…Ces premiers moments étaient magiques! Je n’arrêtais pas de le regarder, toute étonnée d’avoir fabriqué un petit être si parfait (rires. A mes yeux en tout cas !) Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’il y avait vraiment quelqu’un dans mon gros ventre. J’avais très peur de ne pas l’aimer mais ça a été immédiat et ça m’a beaucoup rassurée. 

Comment tu te sens dans ton nouveau rôle de maman ? Tu as l’impression d’avoir changé ?

J’imaginais bien que ça allait être épuisant de devenir maman, surtout toute seule mais par contre je n’imaginais pas que ça allait être si compliqué de comprendre cette petite personne. C’est vraiment un apprentissage de tous les jours. Il faut trouver des astuces pour l’endormir, le calmer, comprendre pourquoi il pleure, et je suis loin d’avoir tout compris après ces trois premiers mois. Devenir maman ne m’a pas changée, par contre je me suis rendue compte que j’avais bien plus de force et de courage que je ne pensais. Devenir maman c’est devenir wonderwoman…même si on craque de temps en temps.